Focus sur le marché du sport en France : Euro 2016, JO 2024 et la recherche d’innovation

Paris, vendredi 13 mai 2016 – Alors que les championnats nationaux touchent à leur fin, le compte à rebours final est lancé pour l’Euro 2016, l’événement football de l’été en Europe. La France est cette année le pays hôte en charge de l’organisation de cette compétition qui accueillera pour la première fois 24 équipes contre 16 lors de l’Euro 2012 en Ukraine et en Pologne.

L’organisation d’événements majeurs est un enjeu logistique incontestable et les impacts à moyen et long termes sont une des priorités pour les comités d’organisation, les collectivités et plus largement pour toute l’industrie du sport en France.

« L’Euro 2016 est évidemment un moment clé pour nous au niveau national » explique Pierre-Emmanuel Davin, Directeur de Repucom France. « Le monde entier – et le monde du football – aura les yeux rivés sur la France et sa capacité à accueillir un événement et à en faire un succès. Il y a beaucoup d’enthousiasme autour de cela ».

Près d’une personne sur deux en France est fan de football selon les derniers baromètres menés par Repucom. Lorsqu’il s’agit de l’Euro 2016, on note une attente particulière parmi ces fans pour cet événement qui débutera le vendredi 10 juin par le match d’ouverture de l’Equipe de France contre la Roumanie.

« C’est un contexte positif pour notre industrie en termes sponsoring » ajoute Pierre-Emmanuel Davin. « Les marques attendent avec impatience cet événement afin d’exploiter leurs droits marketing et d’engager les fans. C’est vrai pour les partenaires de l’Equipe de France, mais aussi pour ceux de l’Euro 2016 et leurs filiales françaises. C’est la période de l’année pour faire sa promotion, pour parler aux fans et développer sa notoriété, son image ou ses ventes ».

Le plus gros enjeu pour les acteurs de l’industrie du sport en France est de savoir comment maximiser le succès de cet événement sur le long-terme. De nombreux stades ont été construits ou rénovés en vue de cette compétition, et de nombreux clubs ont déjà pu en profiter pour développer leurs revenus « jour de match ». Pierre-Emmanuel Davin souligne l’héritage de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne comme exemple de modèle que la France devra reproduire. « L’Euro 2016 ne doit pas être la ligne d’arrivée du football français. La question est de savoir comment profiter au mieux des nouvelles infrastructures disponibles afin d’enrichir l’expérience des fans, d’avoir plus de spectateurs dans les stades et de mettre en valeur les marques. Cela devrait être le début d’une nouvelle ère. Pour les villes hôtes, la compétition aura un impact économique et permettra également de développer leur notoriété à l’échelle internationale. Les questions de sécurité sont également un enjeu crucial, et la capacité du comité d’organisation et du gouvernement à sécuriser l’événement sera plus que jamais au centre de toutes les attentions. »

Un été de sport – et une décennie d’événements majeurs

Pierre-Emmanuel Davin | Repucom

Pierre-Emmanuel Davin, Directeur Repucom France

L’Euro 2016 est le début d’un cycle d’événements majeurs organisés sur le territoire français dans les prochaines années. Paris a démarré énergiquement sa campagne de candidature pour accueillir les JO 2024 dont la décision sera remise en septembre 2017. Avant cette échéance, la France accueillera entre autres le Championnat du Monde de Handball 2017, le Championnat du Monde IIHF de Hockey sur Glace 2017 (en co-organisation avec Cologne en Allemagne) et la Coupe du Monde FIFA féminine 2019.

Ces événements viennent s’ajouter au calendrier sportif historique du sport français : Roland-Garros débute à la fin du mois de mai, suivi par les 24 heures du Mans et le Tour de France. A la fin de l’année, le départ de la huitième édition du Vendée Globe sera donné des Sables d’Olonne.

« La France va accueillir plus d’événements internationaux que jamais auparavant » explique Pierre-Emmanuel Davin. « Dans les quatre à huit prochaines années, nous accueillerons des championnats du monde, des championnats d’Europe, c’est une liste extraordinaire. Et nous espérons tous que cela soit suivi par les Jeux Olympiques de 2024. C’est une période qui peut et qui va créer de nombreuses opportunités pour l’industrie du sponsoring. »

« De manière plus générale, l’industrie du sport en France vit une période faste. Il y a de nombreuses possibilités de développement et d’innovation, donc beaucoup d’opportunités à saisir. La France a de nombreux atouts dans le paysage sportif, des actifs fantastiques et des événements à forte notoriété dont l’image est positive et la portée mondiale. Tous ces facteurs en font un terreau fertile pour les acteurs du sport français ».

Pierre-Emmanuel Davin insiste sur le rôle important de l’Euro 2016, autant du point de vue de l’organisation que des résultats sportifs de l’Equipe de France. « En termes d’impact pour l’industrie du sport et sur l’économie en général, le retour sur le devant de la scène de l’équipe nationale ne peut être que positif. En plus de ce que cela signifierait pour le football, cela serait une très bonne publicité en vue de l’accueil des JO 2024. »

Enjeux futurs : innover dans un marché mature

Interrogé sur les tendances du marché français, Pierre-Emmanuel Davin évoque en premier lieu l’e-sport. « Cette discipline prend de plus en plus d’importance, les audiences croissent et nous sommes dans une période où cet écosystème a la volonté de s’organiser. C’est une discipline qui se structure et qui a un gros potentiel de développement, notamment chez les cibles les plus jeunes. Les marques trouvent ainsi une nouvelle possibilité d’engagement avec des consommateurs potentiels. »

« A mon sens, les événements sportifs de masse sont aussi très intéressants. L’enthousiasme du public est notable et en constante évolution pour des disciplines comme les marathons ou les courses comme la Color Run ou le Mud day où l’aspect collectif est prépondérant. »

Le plus gros challenge pour de nombreux détenteurs de droits et leurs sponsors est la manière dont ils vont s’adapter à la technologie et aux innovations sans dénaturer leur histoire, héritage ou prestige. L’évolution de l’environnement média est également à prendre en compte : le groupe qatari beIN Sports s’est imposé comme un acteur majeur de ces dernières années aux côtés de Canal + dans le secteur de la télévision par abonnement, avec pour conséquence la réduction de la couverture sportive sur la télévision gratuite. Ce marché est de plus en plus concurrentiel comme l’illustre le récent lancement par l’opérateur de télécommunication SFR de cinq chaînes de sport, ou encore la spéculation accrue autour de l’acquisition de droits par des géants tels que Google, Amazon, Facebook ou Twitter.

Pierre-Emmanuel Davin explique que des événements tels que Roland-Garros, le Tour de France ou les 24 heures du Mans sont tout à fait légitimes en termes d’innovation :

« En effet, ce sont des marques fortes avec de larges bases de fans et qui ont une réelle compréhension de leur environnement. Ils ont une forte expérience et ont réussi avec succès à insuffler une stratégie globale et pas uniquement locale. Ils sont les mieux placés pour comprendre comment les innovations modifient la consommation média et leur environnement. Le Tour de France par exemple est davantage ‘data-driven’ avec la volonté d’augmenter l’expérience des téléspectateurs au moyen de statistiques, de données ou bien par rapport à la manière dont la course est filmée. Les 24 heures du Mans est une compétition quasi centenaire et l’innovation technique a toujours été au centre de la course – que ce soit la technologie des voitures ou bien les moyens mis en œuvre pour la faire vivre au public. L’innovation, la technologie, la connectivité, l’engagement sur les réseaux sociaux ou le contenu sur les nouveaux médias diffusé aux fans sont des enjeux importants et j’ai la certitude que ces organisations vont les mettre en œuvre avec succès. »

De retour dans le football, Pierre-Emmanuel Davin souligne également le travail réalisé par le Paris Saint-Germain, d’une part sur le terrain mais également de par leurs innovations en dehors des terrains. « Ce qu’ils ont fait en termes de développement de leur base de fans, de stratégie sur les réseaux sociaux et de construction d’image du club est impressionnant. La marque Paris Saint-Germain est maintenant une vraie marque de classe mondiale. »

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